Un enfant meurt...

En Inde un enfant meurt toutes les 17 secondes

En Inde, un enfant meurt toutes les 17 secondes le 9/9/2010 à 9h58 par Esther Oyarzun Poster un commentaire : Note moyenne : (4 avis) Selon un rapport de l’ONG Save The Children, 1,83 million d’enfants de moins de cinq ans meurent chaque année en Inde. Le pays est aussi le plus inégalitaire concernant la survie de l’enfant entre les milieux riches et ceux qui sont moins bien lotis. Un enfant indien a 93% de chances d'atteindre l'âge de cinq ans ©AFP En Inde, les enfants les plus pauvres ont trois fois plus de chances de mourir avant leurs cinq ans que lesenfants des classes les plus aisées. Le rapport "A Fair Chance at Life: Why Equity Matters for Children" (Une chancepour la vie : pourquoi l'équité est importante pour les enfants), établi parl'ONG Save the Children, pointe d'ailleurs du doigt le sous-continent indien comme le plus inégalitaire en la matière, même si la tendance s'applique aussi à d'autres pays. "Près de neuf millions d'enfants de moins de cinq ans meurent chaque année dans le monde– beaucoup parmi eux auraient pu être soignés – juste parce qu'ils n'ont pas pu aller voir un médecin ou parce que les parents ne pouvaient pas leur donner suffisamment à manger pour survivre. De nombreux gouvernements ferment les yeux sur ces décès, parce qu'ils trouvent plus convenables d'aider les enfants des groupes sociaux plus aisés", résume Thomas Chandry, directeur de Save The Children. Sur les 26 millions d'enfants nés en Inde chaque année, environ 1,83 million meurent ainsi avant leur cinquième anniversaire. Plus de la moitié de ces décès surviennent dans le mois suivant la naissance (pendant la période néonatale). Des chiffres pour le moins inquiétants… Si l'Inde est parvenue à réduire de 41% son taux de mortalité infantile ces vingt dernières années, le taux de mortalité chez les enfants des classes défavorisées est beaucoup plus élevé que chez les enfants des familles riches. Avec sa longue tradition d'interventions sociales destinées aux pauvres, le pays, à présent plus prospère, affiche des résultats très décevants : les pauvres n'ont pas accès aux aides sociales tandis que les plus riches enbénéficient. Plusieurs explications à cet écart : dans certains milieux, les femmes ont parfois très peu d'influence sur leur propre santé et de contrôle sur les finances.Dans le Gujarat, par exemple, une femme sur deux estime qu'elle doit demander la permission à son mari ou à ses beaux-parents avant d'emmener son enfant malade chez le docteur. La préférence généralisée des Indiens pour les garçons a aussi une influence sur la mortalité infantile féminine : les bébés filles sont souvent moins bien nourris ou ont moins accès aux médicaments ou aux vaccins que leurs frères. Au total, 90% des décès seraient dus à la pneumonie, la rougeole, la diarrhée, le paludisme et les conditions néonatales(pendant et juste après la grossesse). Les infections sévères, les asphyxies et les naissances prématurées comptent aussi parmi les causes fréquentes de décès des nouveaux-nés. De plus, la malnutrition de la mère comme de l'enfant peut se révéler un facteur important pour expliquer cesrésultats : près de la moitié des enfants indiens de moins de cinq ans souffrent de malnutrition chronique. Le pays affiche cependant de fortes disparités régionales : le taux de mortalité des moins de cinq ans est ainsi de 14 décès pour 1000 enfants dans le Kerala, contre 97pour 1000 dans l'Uttar Pradesh. Il en est de même pour le taux de mortalité des nouveaux-nés : il n'est que 7pour 1000 dans le Kerala, mais de 48 pour 1000 dans le Madhya Pradesh. Au niveau national, l'Inde est en tous cas une quasi-caricature de l'injustice, où l'enfant d'une famille pauvre a nettement moins de chances de survivre que celui venant d'une famille riche. La preuve que les politiques publiques d'aide aux plus pauvres laissent à désirer. Save the Children affirme d'ailleurs que l'atteinte des communautés marginalisées constitue la clé de la réduction des inégalités : il faut faire le même effort pour aider les pauvres et les moins pauvres. L'Inde, membre de l'Onu, est signataire de la déclaration sur les Objectifs du Millénaire pour le développement de septembre 2000. "Chaque enfant a le droit de vivre, et le gouvernement indien a l'obligation de les protéger",a rappelé Thomas Chandry.

le 9/9/2010 à 9h58 par Esther Oyarzunhttp://www.aujourdhuilinde.com/actualites-inde-en-inde-un-enfant-meurt-toutes-les-secondes-6237.asp?1=1

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